« Rien à signaler – 2 tués »

Un Journal de marches et opérations est un document relatant les événements vécus par chaque corps de troupe au cours d’une campagne. Il est rédigé au jour le jour par un officier et donne de nombreux détails sur les combats, la position des troupes, les résultats, les pertes subies, la composition du corps, les itinéraires empruntés, les lieux de cantonnements…

Les JMO des unités engagées durant la Première Guerre mondiale sont consultables sur le site Mémoire des Hommes. Leur qualité est très variable : certains donnent une foule de détails qui permettent de se sentir au plus près de l’action, d’autres sont extrêmement lapidaires et laissent le lecteur sur sa faim.

En février 1915, le 140e Régiment d’Infanterie occupe le secteur de Lihons (Sud d’Amiens, Somme). Les grands combats sont rapportés en détail par l’officier chargé de la rédaction du JMO. Toutefois, ils ne sont pas quotidiens, et pour les autres jours les détails sont moins nombreux. Au fil des pages, on peut lire « journée calme« , « bombardement assez vif de nos tranchées par l’artillerie allemande« , « la journée est employée à l’amélioration des tranchées fort endommagées par la pluie » ou encore « on remet en état les boyaux de communication« .

Le rapport du 23 février 1915 laisse perplexe : « Rien à signaler – 2 tués« .

Journal de marches et opérations du 140e Régiment d’Infanterie, février 1915.
Source Mémoire des Hommes (lien direct).

Cependant, il mentionne également les noms des deux victimes, ce qui n’est pas systématique dans d’autres unités lorsqu’il s’agit d’hommes de troupe. Cela permet alors de trouver facilement de plus amples renseignements sur ces soldats grâce à la Base des Morts pour la France de la Première Guerre mondiale :

  • MORARD Anthyme, soldat, né le 15 février 1890 à Argentine (Savoie),
  • BARNAUD Martin Jean, soldat, né le 6 juin 1883 à Séchilienne (Isère).

Tous les deux ont été « tués à l’ennemi« . On peut supposer que ces soldats sont morts dans des bombardements réciproques, qui étaient quotidiens. Probablement des événements coutumiers pour le rédacteur du JMO.

En quelque sorte, des morts ordinaires dans des circonstances ordinaires.

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