François Joachim ACCARIAS, condamné au bagne en Nouvelle-Calédonie

François Joachim ACCARIAS (1874-1892) n’était pas mon ancêtre. Nos premiers ancêtres communs sont François ACCARIAS et Rosalie MAUBERRET, mariés en 1829 à La Motte-en-Champsaur (Hautes-Alpes).

Il a été condamné aux travaux forcés pour vols qualifiés en 1888 et transporté en Nouvelle-Calédonie. Son dossier conservé aux Archives Nationales d’Outre-Mer à Aix-en-Provence (matricule n°18107) nous donne de nombreux renseignements. C’est la transcription des pièces ce dossier que je vous propose ici, par ordre chronologique.

Extrait des minutes du greffe de la Cour d’assises de l’Isère séant à Grenoble

Par arrêt en date du 21 novembre 1888, le nommé ACCARIAS François Joachim, âgé de 23 ans (année 1864), né au Noyer arrondissement de Gap département des Hautes-Alpes, domicilié à Lyon en dernier lieu, arrondissement du dit département du Rhône, déclaré coupable de vols qualifiés commis les 27 juin et 12 juillet 1888, a été condamné […] à la peine de cinq ans de travaux forcés, vingt ans d’interdiction de séjour.
Le sus nommé a commencé à subir sa peine le 26 novembre 1888.
Pour extrait conforme délivré à la requête de M. le Procureur Général,
Le Greffier de la Cour d’assise
Signé : A. TESTOUT

Signalement constaté au greffe

Taille ; 1,73m
Cheveux et sourcils : Châtain foncé
Front : Ordinaire
Yeux : Gris
Nez : Rectiligne
Bouche : Moyenne
Menton : Rond
Barbe : Ronde
Visage : Ovale
Teint : Naturel
Signes particuliers : Variolé

Renseignements recueillis sur le compte du condamné

Célibataire
Nature et durée des peines qu’il a déjà subies, poursuites sans résultat dont il a été l’objet :
– 15 septembre 1885 – Tribunal de Lyon : Rébellion et outrages à agents, 3 mois d’emprisonnement
– 7 septembre 1886 : id.
Divers renseignements sur sa conduite avant et depuis sa condamnation, sur son caractère, etc : [non renseigné]
Le Greffier de la Cour d’assises
Signé : A. Testout

Notice individuelle

Accarias François Joachim né à Noyer (Hautes-Alpes) le 4 décembre 1864, domicilié à Lyon, condamné par la Cour d’assises de l’Isère le 22 novembre 1888 à 5 ans de travaux forcés pour vols qualifiés.

Condamnations antérieures (Leur nombre seulement. Indication de la peine la plus grave encourue et du lieu où a été subie la dernière peine corporelle, ainsi que la date de la libération)

Deux. Trois mois d’emprisonnement pour rébellion et outrage à agents ; Lyon ; Libéré le 7 novembre 1886

Etat civil

Le condamné est-il enfant légitime, naturel ou trouvé ? Légitime
Est-il célibataire, veuf ou marié ? Célibataire
Nom du conjoint : [non renseigné]
Nombre d’enfants (légitimes ou naturels) : [non renseigné]

Profession

Quelle est sa profession ? Maçon
Travaillait-il pour son compte ou pour autrui ? Pour autrui
Exerçait-il réellement sa profession ? Oui
Vivait-il dans l’oisiveté ? Oui
Etait-il apte au travail ? Oui
Appartenait-il à la population urbaine ou rurale (plus ou moins de 2000 habitants) : Urbaine

Moyens d’existence

Quels sont ses moyens d’existence ? Nuls
Contribuait-il à l’entretien de sa famille ? : [non renseigné]
Sa famille peut-elle se passer de son aide ? : [non renseigné]

Degré d’instruction et religion

Quel est son degré d’instruction ? Sait lire et écrire
Quelle est sa religion ? Catholique

Conduite et moralité

Comment était-il noté dans sa commune ? Très mal
Etait-il adonné à l’ivrognerie ? : [non renseigné]
Se livrait-il au libertinage et à la débauche ? Oui
Vivait-il en concubinage ? Oui

Autres particularités pouvant permettre d’apprécier la moralité du condamné et le degré d’indulgence dont il peut être l’objet :

D’un caractère violent, en relation à Lyon avec les pires malfaiteurs.

Exposé sommaire des faits qui ont motivé la condamnation à subir :

Accarias avait cessé de travailler régulièrement et vivait à Lyon dans la société des repris de justice et des gens sans aveu. Il a en compagnie de deux complices participé à trois vols qualifiés accompagnés des circonstances aggravantes de fausses clefs, d’escalade, d’effractions extérieures et intérieure, commis dans des communes de l’Isère voisines de Lyon, savoir : le 27 juin aux Eparres et Châteauvilain, le 2 juillet à Toussieu.
Chaque fois, les malfaiteurs, partis de Lyon le matin, sont arrivés pendant l’après-midi dans les communes où ils étaient inconnus. Ils ont avisé une maison dont les propriétaires étaient momentanément absents, y ont pénétré, et l’ont dévalisée. Leur dernier vol a porté sur des valeurs relativement importantes ; ils se sont emparés d’une somme de plus de 200F, de montres, de bijoux et d’objets mobiliers de toutes natures.
Surpris en quelque sorte en flagrant délit, Accarias n’a voulu faire aucun aveu ; il a eu à l’audience de la Cour d’assises une attitude inconvenante. Il s’est évadé des mains de la gendarmerie pendant qu’on le transférait de Toussieu à Saint-Laurent-de-Mure ; il a ensuite été arrêté à Lyon.
D’un caractère violent, profondément perverti, Accarias ne mérite aucune indulgence.
Fait au Parquet de la Cour à Grenoble le 12 décembre 1888,
Le Procureur Général

Ile Nou - Intérieur du camp des condamnés
Ile Nou – Intérieur du camp des condamnés

Acte de décès

[Nouvelle-Calédonie et dépendances, Circonscription de l’Île Nou, Année 1892, acte n°56]

L’an mil huit cent quatre-vingt-douze, le treize avril, à deux heures du soir, par-devant Nous, Bardoulet, Louis Ernest, commis-rédacteur de première classe, officier d’administration, officier de l’état-civil de la circonscription de l’Île Nou, ont comparu : Artigue, Louis Cirille, surveillant militaire de première classe, âgé de quarante-quatre ans, et Lévy, Cerf, surveillant militaire de première classe, âgé de quarante-et-un ans, domiciliés à l’Île Nou ; lesquels nous ont déclaré que le treize avril, à huit heures quinze du matin, Accarias, François Joachim, profession de maçon, célibataire, né le quatre décembre mil huit cent soixante-quatre, au Noyer, arrondissement de Gap, département des Hautes-Alpes, fils de François et de Camille Espitalier, est décédé à l’Île Nou.

Nous, officier de l’état-civil de la dite circonscription, après nous être assuré du décès, avons dressé le présent acte que les déclarants ont signé avec nous, après que lecture en a été faite.

Signé : Bardoulet, Artigue, Lévy

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